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Rosalie Vaillancourt et Geneviève Morin, l’ex de Julien Lacroix, commentent sa sortie publique
Crédit: Serge Cloutier

Ce mardi, Julien Lacroix a rompu son silence des six derniers mois dans une longue publication sur ses réseaux sociaux. Entre des excuses aux personnes qu’il a blessées, l’humoriste visé par des allégations d’agressions et d’inconduites sexuelles a admis avoir des problèmes de consommation.

À peine quelques heures après sa sortie, Geneviève Morin, l’ex-conjointe de Julien Lacroix qui a témoigné aux côtés de huit autres femmes dans l’article-choc du Devoir, en plus de partager un texte bouleversant sur l’affaire, a réagi à son mea culpa avec beaucoup d’émotions.

« Je suis fatiguée de pleurer. Les mots me manquent, c'est rare. Mais j'ai eu ce magnifique poème en tête. Je trouve qu'il met le doigt sur ce que je ressens », a-t-elle écrit sur Instagram en rapportant un poème de Najwa Zebian.

« Quand je pense à toi, je n’aperçois plus ton visage. Je vois une ombre. Je vois la douleur. Oui, je vois la douleur ».

 

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Une publication partagée par GenevieÌ€ve Morin (@genmorinqc)

Rosalie Vaillancourt, qui avait elle aussi dénoncé les inconduites de Julien Lacroix après en avoir été témoin, a également tenu à partager ses sentiments quant à sa prise de parole.

L’humoriste a bien souligné qu’elle croyait en la réhabilitation, mais qu’elle doutait qu’elle puisse se faire en seulement six mois, alors que les victimes dans cette affaire vivent toujours avec des blessures.

« J'ai pas envie de faire dans l'humour ce soir. J'haïs être sérieuse, mais là je suis trop mal à l'aise et triste. J'ai lu ses excuses les mains moites. Ça fait seulement six mois. C'est encore la chose qu'on me parle le plus dans mes entrevues... », peut-on d’abord lire dans son message.

« C'est tellement précipité et je vous avoue que j'ai de la difficulté à voir qu'il a fait du chemin auprès des victimes. Là, on parle d'années de violence. Des adolescentes qui ont fini leur maîtrise cette année et qui ont encore sa présence en tête. Elles ont été tellement marquées qu’elles ont décidé, 10 ans plus tard, de parler au Devoir. Et toi, en six mois...? Il manque un jeu de proportion, là. »

Selon Rosalie, le témoignage de Julien Lacroix délaisse des éléments importants qui sont arrivés dans toute cette affaire au nom de ses problèmes d’alcool.

« Je suis de bonne foi. J'ai bon espoir dans la vie. Je suis pour la rédemption. Mais en ce moment, ça me semble être un message formaté. Un message écrit par des professionnels de l'image. C'est de bonnes excuses Julien, mais il manque des mots dans tes excuses : viols, violences physiques, violences sexuelles, violences psychologiques, agressions, harcèlement. À quel point la maladie de l'alcoolisme peut évacuer les violences sexuelles ET la mémoire collective!? »

Plus encore, Rosalie Vaillancourt a déploré les rumeurs qu’elle a entendues dans les derniers mois qui confirment sa vision brisée du milieu culturel.

« Honnêtement, depuis août, j'ai perdu espoir en mon milieu. Des rumeurs comme quoi il travaille avec une boîte de production en ce moment à revenir, et ce, depuis longtemps, sont assez inquiétantes. »

« Un bel agenda : six mois après l'article, on fait des excuses. La veille, petit changement de photo de profil. Dans six mois : ta première entrevue. Dans un an : ton show où tu nous feras bien rire sur ta désintox. C'est tellement vulgaire et en même temps réaliste ».

« Il y a beaucoup de monde que ça dérange moins de voir souffrir neuf femmes (sans compter celles qui n'ont pas voulu parler publiquement) que de revoir Julien », laisse-t-elle tomber, visiblement désillusionnée.

Pour conclure, Rosalie Vaillancourt a voulu rappeler que la vague de dénonciations, qui inclut sa propre prise de parole contre Julien Lacroix, avait pour but d’ouvrir les yeux à la société pour qu’un réel changement se fasse : « Je ne m'acharne pas sur son cas, je ne veux pas en faire un martyr, je souhaite un changement de culture dans le milieu artistique, médiatique et culturel. Je veux juste qu'on fasse preuve de prudence et de transparence. Sur ce, je vais continuer de vous faire rire en essayant d'oublier à quel point ce milieu-là est fake ».

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