Lundi, Le Devoir a publié les témoignages de neuf femmes qui accusent Julien Lacroix de relations sexuelles non consenties et de baisers non consensuels. Parmi ces victimes alléguées, on compte Geneviève Morin, qui a été la conjointe de l'humoriste de 2013 à 2019 et qui a raconté avoir été agressée sexuellement par ce dernier après la fin de leur couple, en plus d'avoir réalisé avoir subi des abus psychologiques et physiques.

Mercredi, c'est dans Urbania que la jeune femme a porté plus loin sa réflexion, signant un texte crève-coeur. Elle y revient sur sa relation de six ans avec celui qu'elle qualifie à la fois d' « amour de [sa] vie » et de son « pire ennemi », indiquant entre autres que les problèmes de consommation d'alcool de son ex-conjoint ont été au coeur de discussions difficiles entre eux, mais aussi qu'il en serait venu aux coups à une reprise, en plus des nombreuses fois où il l'aurait insultée avec des mots comme « pute », « conne » ou « bitch ».

Au-delà de sa propre expérience avec Julien Lacroix, Geneviève Morin en appelle aussi à une réflexion sociale, comme la vague de dénonciations qui déferle depuis le début du mois met en lumière toute l'ampleur du problème de masculinité toxique : « si on prend les cas isolés de dénonciation et qu’on les rassemble tous ensemble, le constat est frappant. Notre société est malade, peut-être même gangrénée par notre vision de la sexualité. »

Si elle estime que les pertes de privilèges (contrat, notoriété, etc.) des personnes dénoncées sont bien normales, elle se questionne également sur ce qu'il faut faire avec ces « dysfonctionnels de notre système » après que des témoignages soient sortis à leur sujet. « Est-ce que notre société ne devrait pas mettre en place des solutions pour premièrement aider les victimes, mais aussi les accusés? Parce que perdre ses privilèges c’est une chose, mais si la volonté sincère y est, si des efforts concrets y sont consacrés, nous devons aussi accepter que la possibilité de changer est non seulement réelle, mais souhaitable et vitale », écrit-elle.

Geneviève Morin précise cependant qu'elle n'écrit pas ce passage pour prendre la défense de son ex-conjoint et qu'elle n'est pas prête à lui pardonner les gestes graves qu'il aurait posés. « Je suis tellement épuisée de te soulager de ta souffrance, épuisée de souffrir moi aussi. Je veux aller de l’avant, je veux changer. Je ne veux plus me taire et te consoler. [...] la violence, les cris, les pleurs… je les expulse vers toi. Ça ne m’appartient plus désormais », conclut-elle, d'ailleurs.

Pour lire l'intégralité de son texte, c'est sur Urbania

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