Olivier au ciné: LE BANQUET

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Olivier nous fait sa critique du film mettant en vedette Alexis Martin, et Raymond Bouchard, LE BANQUET. C'est un film à voir!!

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LE BANQUET(QUÉBEC/1H36)
DRAME
Réalisé par: Sébastien Rose
Avec: Alexis Martin, Raymond Bouchard

Attention : film coup de poing. Le réalisateur Sébastien Rose a décidé pour sa troisième réalisation (après “Comment ma mère a accouché de moi après sa ménopause” et “La vie avec mon père”) de frapper fort. Et en plus, il frappe là où ça fait mal.

Pour décrire notre société actuelle, Sébastien Rose, également co-scénariste du film, propose de poster sa caméra (et donc son oeil critique) dans l’univers très sauvage mais ô combien réaliste de l’université. On comprend très vite que le film n’est pas une comédie légère et que l’expérience nous offrira une analyse sans fioritures, dramatique, voire alarmante du monde qui nous entoure.

Les personnages du récit de Rose seraient donc le miroir‐microcosme peu reluisant d’une société à la dérive. Sur fond d’une université en crise, on trouve Bertrand (Alexis Martin), professeur au bord de la crise de nerfs, harcelé par un étudiant
dérangé, Gilbert (Benoit Mc Ginnis, qui est à vous glacer le sang). Jean Marc (Raymond Bouchard) est le recteur, prêt à tout sacrifier pour sa subsistance et celle de son institution. Louis Ferdinand, étudiant engagé, quant à lui, doit choisir entre sa
morale bienveillante et sa carrière prometteuse . Enfin, Natacha (Catherine de Léan) est une jeune mère monoparentale, junkie , reniée par un père égoïste qui tente tant bien que mal de s’accrocher à la vie. Sébastien Rose prend le parti de survoler ses personnages (plutôt que d’approfondir leur caractère pendant des heures) , en apparence sans aucun lien les uns avec les autres. Le banquet final nous fera comprendre à quel point ils sont pourtant tous liés.

Tout ce petit monde nous rappelle en fait (suscitant d’ailleurs chez le spectateur un vrai sentiment d’effroi) le combat incessant que nous nous livrons, celui qui oppose encore et toujours le Bien d’un côté et le Mal de l’autre, du moins c’est ainsi qu’on se le représente... Et c’est sans concession que le réalisateur nous livre en outre un dénouement extrêmement lourd de dureté et de violence (à l’image de ce que nous serions). Dénouement qui procure d’ailleurs un vrai soulagement : pendant une heure trente, le spectateur n’a de cesse de comprendre qu’il assiste à la chronique d’une tragédie annoncée.

Au-delà de son indéniable maîtrise de la caméra et du montage, Sébastien Rose réussit son pari: réveiller la conscience populaire. Ce crochet du droit si il est bien appliqué pourrait avoir une résonance bien au-delà des frontières du Québec. Voilà en tous cas un film québécois prêt pour l’exportation (prenez des notes chers auteurs de Crusing Bar!!!)

Olivier.

*N’hésitez pas à inscrire vos commentaires si vous avez vous aussi vu le film!!

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