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Hubert et Fanny: On avait de grandes attentes et on est déçus
Crédit: Serge Cloutier

Sur une échelle de un à Thomas Beaudoin, pour évaluer à quel point on avait hâte de découvrir Hubert et Fanny, disons que l’aiguille était bien pognée à Thomas Beaudoin. La facture visuelle de Mariloup Wolfe semblait intéressante, s’inspirant de séries actuelles qu’on pourrait qualifier de séries Instagram, et le concept avait de quoi faire chavirer le cœur de tous ceux et celles qui avaient besoin d’une dose de romantisme et d’une raison additionnelle de croire au destin et à la beauté du hasard (nous compris). Même la distribution était ultra prometteuse, avec des acteurs comme Mylène St-Sauveur et Thomas Beaudoin, qu’on devinait aussi beaux que bons, et dont la chimie à elle seule annonçait une émission électrisante.

Seulement, ces belles promesses ont rapidement dégringolé après le visionnement du premier épisode. Avant même la première pause, l’effort fourni pour tenter de nous situer dans l’histoire, pourtant très simple, semblait démesuré. Dans la première demi-heure de cette émission d’une heure, on nous a fait subir une narration pénible de chacun des protagonistes, qui nous expliquaient à tour de rôle les aléas de leurs choix de vie, parlant platement de la genèse de leurs visions de la famille, du couple, de la vie et des amitiés. Tout cela alors même que ces situations étaient démontrées sans subtilité par des situations évidentes qui auraient, à elles seules, fait comprendre au spectateur tout ce dont il avait besoin de savoir pour saisir que Hubert est encore affecté par les relations amoureuses instables de sa mère. Ceci n’est qu’un exemple. On n’est pas fâchés. OK, on l’est un peu.

Heureusement, la narration semblait s’effacer vers la toute fin de l’émission (enfin, sapristi) mais une partie de nous se disait qu’il était peut-être trop tard. Dans une série qui se veut langoureuse, pleine de non-dits, pourra-t-on supporter l’idée de se faire prendre par la main sans cesse pour saisir la psychologie de base de ces deux beautés fatales? On espère profondément que ça va changer!

Cela dit, le personnage le plus intéressant et probablement la performance la plus délicate dans ce premier épisode un peu grossier, c’est celui de Justin, le demi-frère de Fanny. Interprété avec nuance par André Kasper, l’adolescent montre avec douceur une réalité qui tarde encore à être présentée au public québécois autrement que dans la caricature : un personnage qui se questionne sur son identité de genre et qui a la tâche difficile de devoir anticiper sa transition aux yeux des autres. Aussi, si le personnage de Frédérique (Christine Beaulieu), dont le seul trait accrocheur est une misogynie internalisée à peine masquée, pouvait disparaître à tout jamais, ce ne serait pas une grosse perte.

On a quand même bien hâte de voir ce que le deuxième épisode nous réserve, même si la fin prétendument thrillante de ce premier épisode ne nous a pas vraiment tenus en haleine. En espérant qu’on finisse par nous lâcher la main à un moment donné!

 

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Crédit photo : Serge Cloutier

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