Safia Nolin dévoile à nouveau son corps et ses insécurités dans un texte touchant

Crédit photo: Instagram Safin Nolin / The Womanhood Project Safia Nolin

Safia Nolin nous a offert un clip poignant de vérité cet été avec la chanson Lesbian Break Up Song. On retrouvait la chanteuse originaire de Limoilou entourée de femmes aux corps différents. Tout cela pour représenter le respect, l'acceptation et l'inclusion de toutes les femmes. C'est en collaboration avec Bien à vous et The Womanhood Project que Safia a pu créer ce clip, qui est en fait un baume pour l'âme.

Safia Nolin a voulu continuer ce processus d'acceptation de soi en s'associant à nouveau à The Womanhood Project pour nous dévoiler un autre chapitre de ses insécurités. Elle revient en effet sur la pause des réseaux sociaux qu'elle a prise durant un mois cet été. Elle avait confié à ce moment qu'elle quittait Instagram pour reprendre confiance en elle et se réapproprier une vision plus saine de la réalité. Elle a donc publié ce mardi un texte criant d'authenticité sur le site de ce projet féminin fondé par la photographe Cassandra Cacheiro et la directrice artistique Sara Hini qui met en lumière son parcours de musicienne, la sortie de son premier album, Limoilou, qui a été couronné de succès, puis la sortie de son deuxième album, Dans le noir, qui a été moins bien reçu. À travers cela, elle décrit une confiance et un optimisme aveugles qui grandissaient dans l'oeil du public et des likes reçus sur les réseaux sociaux. Cette énorme dose d'amour qui s'est affaiblie avec le temps et qui n'a fait que rouvrir d'anciennes insécurités qui n'avaient en fait jamais été cicatrisées. Sa pause était nécessaire pour réaliser sa valeur, non seulement en tant que personne, mais aussi en tant qu'artiste.

 

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Je suis fière de moi. Je suis fière de nous @the_womanhood_project. Merci à l’infini. Lien dans ma bio. « La vérité c’est que commencer par me couper des réseaux sociaux m’a aussi coupé des attentes et j’ai commencé à retrouver ma valeur en tant qu’artiste. J’ai commencé à détacher les mots succès et argent à valeur artistique. Ce n’est pas une lutte que j’ai fini de mener avec moi-même. Je commence juste à me retrouver, avec mon art, avec mes combats et les gens qui veulent bien m’écouter. Merci d’ailleurs, merci pour tous vos mots et vos visages à mes shows. Désolée de pas avoir su avant. Je souhaite à tout le monde qu’on s’en parle, qu’on se parle de nos côtés laids et qu’on s’écoute. Qu’on soit bienveillants et qu’on étouffe nos monstres intérieurs. Que ça soit dans l’industrie, ou pas. Je ne nous souhaite plus de burnout. »

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Voici quelques extraits qui ont particulièrement fait vibrer nos coeurs :

« J’ai supprimé Instagram le jour où je me suis rendu compte que ça feedait la bébitte de marde qui me drag vers le fond depuis deux ans. [...] C’était le fun, le temps que ça a duré. Deux ans et demi de bravos et de you’re the shit et de tournée, de shows qui s’enlignent pis d’estime qui monte. Au final, ça bouchait ben des trous que j’avais. Sans m’en rendre compte, toute cette nouvelle attention me gardait comme une mère bienveillante et remplissait toutes mes carences émotionnelles en me flattant les cheveux à coup de likes et de commentaires. C’est pas très sain tout ça et je m’en rendais pas compte. Je viens de commencer à m’en rendre compte, je viens d’accepter que tous ces trous sont redevenus vides. Que mes vieux patterns sont en train de revenir doucement comme de la visite que t’as pas envie de voir. Mon deuxième album, c’est le début de la fin. [...] Il est né et j’étais tellement fière, je l’ai présenté à mes “parents”, ils l’ont trouvé un peu lourd et un trop dark, j’ai eu de la peine, j’ai pris quelque temps pour le réapprivoiser et l’aimer et je l’ai lancé dans le monde. J’ai lancé une grosse roche lourde dans un monde de légèreté, de pénurie d’attention span et de couleurs vives. »

« Petit à petit, je réalise que ça ne sera pas comme le premier. Le temps passe et je vends moins d’albums, mais je m’accroche au spectacle. Dans mes spectacles il y a des gens, mais il y en a moins que dans la première tournée. Les billets sont plus chers, le spectacle est plus gros donc les salles plus grosses, mais les billets sont plus difficiles à vendre. J’ai des bonn.e.s ami.e.s qui me supportent, j’ai une amoureuse très patiente et à l’écoute. Je m’en sors grâce à ça. Je trouve ça dur, mais je profite en me disant que c’est pas grave parce que ça vient juste de commencer. En fait non Safia, ça venait pas juste de commencer. Ce qui venait juste de commencer c’était comment t’allais finir par croire que tu valais plus rien aux yeux de personne.»

« Moment donné je me suis écoeurée d’être de même, j’étais pu capable de pu avoir envie de brailler sans cesse, de me sentir comme une moins que rien. Fait que j’ai commencé par supprimer Instagram. Pis ça a eu un impact assez gigantesque sur ma santé mentale. J’ai petit à petit arrêté de me comparer à tout le monde, j’ai aussi réalisé qu’Instagram c’était pas la réalité, mais une plateforme qui sert à partager de l’art oui, mais qui permet de partager une version améliorée de notre vie. J’ai sûrement fait sentir des gens comme de la marde moi aussi et je m’en excuse. C’est le fun ma vie, mais des fois ça va très mal. La vérité c’est que commencer par me couper des réseaux sociaux m’a aussi coupé des attentes et j’ai commencé à retrouver ma valeur en tant qu’artiste. J’ai commencé à détacher les mots succès et argent à valeur artistique. Ce n’est pas une lutte que j’ai fini de mener avec moi-même. Je commence juste à me retrouver, avec mon art, avec mes combats et les gens qui veulent bien m’écouter. Merci d’ailleurs, merci pour tous vos mots et vos visages à mes shows. Désolée de pas avoir su avant. Je souhaite à tout le monde qu’on s’en parle, qu’on se parle de nos côtés laids et qu’on s’écoute. Qu’on soit bienveillants et qu’on étouffe nos monstres intérieurs. Que ça soit dans l’industrie, ou pas. Je ne nous souhaite plus de burnout. [...] Je réapprends la définition du mot succès. Si le succès c’est ça, je ne veux plus réussir. »

Allez lire le portrait complet de Safia sur le site The Womanhood Project, vous ne le regretterez pas.

Comme le dit elle-même Safia, « je suis fière de moi », et ça, on ne pourrait être plus d'accords avec elle.

 

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