Dès aujourd'hui, les abonnés du Club illico peuvent se mettre sous la dent la nouvelle dramatique Mon fils, réalisée par Mariloup Wolfe. Cette série promet d'intéresser les jeunes et leurs parents, bien que le public qui n'entre dans aucune de ces catégories pourrait se sentir moins concerné par cette histoire qui trace le combat d'une mère pour son adolescent à partir du moment où il commence à présenter des signes de maladie mentale, la schizophrénie.

La série s'ouvre avec des scènes de vie qui nous présentent Jacob (Antoine L'Écuyer), un jeune homme de 18 ans, et sa famille. On découvre sa mère Marielle (Élise Guilbault), sa marraine Geneviève (Dominique Pétrin), sa soeur Laurence (Émilie Bierre) et son père Vincent (Patrice Godin) en comprenant bien vite que la dynamique familiale est loin d'être évidente depuis la séparation des parents, survenue deux ans plus tôt. Mais là où les problèmes relationnels de Jacob sont tout de suite évidents, c'est dans son obsession face à son ex Andréa (Lili-Ann De Francesco), qui va jusqu'au harcèlement. Sa mauvaise gestion de la colère et son impulsivité sont également plutôt appuyées dès le premier épisode, histoire de dresser le portrait d'un jeune de plus de plus en détresse.

Rapidement, les problèmes de comportement de Jacob soulèvent des questions dans son entourage. Sa consommation de plus en plus abusive de drogue et d'alcool suscite des inquiétudes chez sa mère, qui ne s'en fait initialement pas plus qu'il faut pour toutes sortes de raisons qu'on vous laisse découvrir. Il faudra cependant voir comment la série traitera le sujet, parce qu'on semble pour l'instant vouloir imputer les changements chez Jacob à la drogue, qui peut effectivement parfois éveiller une condition préexistante comme la schizophrénie, mais dont la diabolisation n'est pas une tactique efficace de prévention auprès des jeunes téléspectateurs.

Comme le veut la prémisse de l'émission, Jacob est éventuellement hospitalisé en psychiatrie en attente d'un diagnostic et commence à souffrir d'hallucinations. Il faut cependant attendre au deuxième épisode pour voir le propos de la série réellement se développer et c'est là que Mon fils se distingue des autres propositions dramatiques. Aborder la maladie mentale est heureusement de plus en plus commun, mais ça reste un sujet tabou et trop souvent sous-développé, alors il faut applaudir les fictions qui s'y consacrent. Le choc du diagnostic a aussi son impact sur les proches et il est intéressant de voir leurs inquiétudes à travers cette épreuve à laquelle fait d'abord face Jacob, mais qui affecte sa famille également. C'est surtout pertinent de constater toutes les failles du système en matière de santé mentale, comme la difficulté d'obtenir une prise en charge sur le long terme. Il est là, le combat de Marielle : trouver des soins pour son fils tout en le protégeant de la stigmatisation qui entoure une maladie mentale comme la schizophrénie.

Tout de même, quelques petits détails négligés ici et là sont venus nous déranger durant notre écoute. Par exemple, quel genre de directeur annonce calmement à un élève qu'il est suspendu en plein corridor plutôt que dans une pièce fermée, loin des oreilles indiscrètes? Heureusement, ces raccourcis semblent se faire rares ici, si on se fie aux deux premiers épisodes de Mon fils.

Des séries dramatiques, il en pleut au Québec. Là où celle-ci risque de se montrer pertinente, c'est bien sûr dans son thème, mais elle est aussi rafraîchissante dans le paysage télévisuel actuel, où tous les drames ou presque prennent une tournure policière. Épargnez-nous une énième enquête, s'il vous plaît!

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