Depuis un peu plus d’une semaine, on retrouve Marie-Ève Janvier à la barre de L’Amour est dans le pré, un mandat qui lui a valu son premier Gémeaux en carrière l’automne dernier pour la Meilleure animation d’une téléréalité. En entrevue, elle revient sur sa joie d’avoir gagné, puisque ce trophée vient en quelque sorte lui réaffirmer que, dans la vie, ça vaut la peine d’ouvrir de nouvelles portes.

« J’avais vraiment le sentiment d’imposteur au début de L’Amour est dans le pré », nous confie-t-elle d’entrée de jeu. « J’étais clairement une chanteuse qui n’avait pas d’expérience en animation. On me demandait si j’avais envie d’embarquer sur un projet de téléréalité. Ça me tentait, moi, la fille de la campagne qui a grandi entourée de fermes, je ne me sentais pas dépaysée dans cet univers-là, mais en même temps je me sentais plus ou moins à ma place d’avoir le titre d’animatrice. Ce sentiment-là s’est estompé avec les années. Je dirais qu’aujourd’hui, je ne l’ai plus. »

Le sentiment d’imposteur a commencé à s’effacer pour Marie-Ève il y a trois ans, quand elle a commencé à faire de la radio : « C’est comme si, depuis, j’avais réalisé qu’on n’a pas besoin de se mettre dans une case et de ne jamais oser. Pourquoi il faut dire : « C’est là ma limite pis je devrais pas la dépasser »? Dans le fond, on peut bien essayer de faire ce qu’on veut dans la vie. » C’est un peu la même chose avec son métier de chanteuse. Elle qui a toujours fait de la pop a tout de même osé embarquer sur des projets musicaux différents, comme la tournée Gentlemen et son répertoire jazz.

« Le Gémeaux est venu solidifier mon sentiment que je peux faire ce que je veux dans la vie, ajoute-t-elle. J’ai le doit d’essayer des choses pis si ça marche pas, c’est pas grave, je vais l’avoir essayé. Ça fait juste trois ans que je réalise ça et ça fait que, maintenant, je me permets d’aller cogner à des portes plutôt que d’attendre que des portes s’ouvrent à moi. Puis si ça marche pas, je vais aller en ouvrir une autre à côté! » Cette vision, elle l’applique à sa carrière, mais aussi à la vie en général. Et ça porte fruit! C’est Marie-Ève elle-même qui a proposé le concept de son émission de radio sur l’heure du midi à l’antenne de Rythme, émission qu’elle coanime avec Julie Bélanger, qui est désormais devenue une de ses bonnes amies et qui a été un véritable coup de coeur pour elle.

Par ailleurs, le trophée qu’elle a reçu au dernier Gala des prix Gémeaux, après avoir été mise en nomination à 10 reprises, l’a particulièrement touchée parce qu’il est remis par les membres de l’industrie. « C‘est comme si, dans les dernières années, j’étais rentrée dans une nouvelle gang et que là on m’a dit : « Hey, t’as ta place ». C’est comme si l’industrie me donnait une tape dans le dos en me disant que c’est l’fun ce que je fais. Ça m’a renversée », nous dit-elle à propos de ce Gémeaux qu’elle partage bien entendu avec toute l’équipe de L’Amour est dans le pré.

Quelques jours avant ce gala, Marie-Ève Janvier avait fait une sortie publique pour aborder sans tabou ses difficultés à concevoir un deuxième enfant, justement au micro de son émission Heure de lunch : Mix 80-90. « Quand j’ai parlé d’infertilité secondaire à la radio, j’ai vu que ça avait résonné chez bien des gens, souligne-t-elle. Quand t’en as déjà un, on dirait que tu n’as pas le droit d’être triste. Il y a bien du monde qui est pas capable d’en avoir un, qui est dans des processus d’hormones intenses pour essayer de tomber enceinte. C’est une drôle de dualité qui se passe en dedans, parce qu’en même temps tu te dis que t’es comblée avec ton enfant. Mais je vis un deuil de ne pas être capable d’en avoir un deuxième. J’ai fait une première fausse couche, j’en parle ouvertement parce que c’est une réalité que je me rends compte que bien des filles vivent. On en parle souvent d’une façon très banale, pis en même temps c’est quelque chose d’intense qu’on vit en tant que femme. »

Son fiancé, Jean-François Breau, et elle sont tous les deux nés dans une famille de trois enfants. Marie-Ève Janvier n’hésite pas à dire que son frère Louis-Philippe, malheureusement décédé il y a sept ans, a été son tout premier ami et qu’elle souhaite pouvoir offrir la même chose à sa petite Léa. « Choisir à deux de fonder une famille, c’est un des plus beaux et des plus gros engagements qu’on peut se faire comme couple. C’est un des plus beaux cadeaux de vie d’avoir un enfant. De voir les agriculteurs faire des bébés – Maxime et Kristel sont à quatre, Jérôme et Jessyca sont au cinquième – c’est extraordinaire! C’est tellement beau! Ça me prend mes cartons pour me souvenir des noms de tous ces enfants-là! Moi, ça m’encourage. »

Comme elle le dit elle-même, « la vie va décider »!

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