Il y a une rumeur que je suis lesbienne, par Karine St-Michel

Crédit photo: Charles Béland via Instagram Karine St-Michel

Depuis plus d’un an, j’ai pris connaissance d’une rumeur qui dit que je suis lesbienne.

Je n’ai pas réagi au début, puisque ce n’est pas une insulte et que ça ne me dérange pas que les gens pensent ça de moi. Mais de plus en plus, je sens le besoin de rectifier. Principalement parce que c’est quelque chose qui revient constamment, mais aussi parce que je ne veux pas que les gens pensent que je suis incapable d’assumer mon homosexualité publiquement. Toutes les formes d’orientation sexuelle sont belles et personne ne devrait avoir honte de les endosser de la manière qui lui importe.

Je ne suis pas lesbienne. Je ne suis pas bisexuelle.

Je suis ouverte et je suis nuancée. J’ai eu des expériences positives avec des femmes, mais ça ne fait pas de moi une lesbienne. Sur l'échelle de Kinsey, je dirais que je suis à 1,5 (0 étant exclusivement hétérosexuelle et 6 exclusivement homosexuelle).

J’ai dit dans un épisode de mon podcast Libre SEXpression que je me croyais bisexuelle. J’y ai réfléchi avec l’aide d’Anne-Marie Ménard, ma coanimatrice qui est aussi finissante en sexologie, et j’en suis venue à la conclusion que ce n’était pas de la bisexualité.

J’ai eu de très mauvaises expériences affectives avec des hommes, ce qui a fait en sorte que j’ai cru avoir une attirance envers les femmes. Ce désir de douceur et de délicatesse m’a rendue confuse sur mon orientation sexuelle. Je pense que c’est quelque chose de normal qui arrive à beaucoup de gens.

Cette confusion sur mon orientation sexuelle m’a rendue beaucoup plus empathique et compréhensive par rapport à la communauté LGBTQ+. Je comprends mieux ce que fait le jugement des autres quand on embrasse une personne du même sexe en public, ce que ça fait de se sentir perdue par rapport à ses désirs, de ressentir de la honte d’être « différent », etc. Ce que j’ai le plus détesté, c’est la peur que si mes amies l’apprennent, elles se mettent à penser que je désire coucher avec elles. Ce n’est jamais arrivé, heureusement.

J’imagine que la rumeur vient du fait que j’ai beaucoup d’ami.e.s qui font partie de la communauté LGBTQ+ et que je ne me suis jamais affirmée publiquement sur mon orientation sexuelle. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais senti le besoin de me mettre dans une petite catégorie à ce sujet. Maintenant, c’est fait.

Il se peut que, malgré tout, je me surprenne à vouloir fréquenter une femme ou embrasser une femme à nouveau. Je ne dis pas que je ferme la porte à 100% puisqu’on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Selon moi, même une personne exclusivement hétérosexuelle, mais ouverte d’esprit pourrait se surprendre à tomber en amour avec une personne du même sexe qu’elle à un moment de sa vie.

Si vous avez des doutes sur votre orientation sexuelle, vous n'avez pas besoin de vous mettre dans une catégorie à tout prix. Vous pouvez prendre le temps d’explorer et de découvrir votre sexualité comme
bon vous semble. La sexualité, c’est fluide. Ça évolue, ça change et c’est nuancé. L’identité de genre à laquelle les personnes que vous désirez s’identifient ne regarde personne sauf vous.

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