Il semble s'être passé une éternité depuis la mise en lumière des agissements d'Éric Salvail et de Gilbert Rozon. À peine quatre jours plus tard, les journalistes Katia Gagnon, Stephanie Vallet, Monic Néron et Émilie Perreault étaient de passage sur le plateau de Tout le monde en parle pour faire le point sur leur enquête et pour nous expliquer la genèse de leurs recherches colossales. De toutes les questions qui ont été soulevées suite aux dénonciations, la plus fréquente était de loin : « Pourquoi est-ce que ça sort maintenant? ». À cela, la journaliste Katia Gagnon répond que les circonstances aident souvent les victimes à sortir de l'ombre, puisqu'il s'agit en soi d'une démarche extrêmement difficile.

« L’affaire Éric Salvail, j’ai commencé à travailler ça il y a trois ans. Donc il y a eu une première vague, rappelez-vous, avec Jian Ghomeshi, avec le #AgressionNonDénoncée. Il y avait beaucoup de rumeurs sur Éric Salvail, et sur d’autres gens du milieu artistique aussi, beaucoup de rumeurs, mais je n’ai jamais eu plus que ça, des rumeurs. Des rumeurs, des ouïes-dires, et du monde qui ne voulait pas parler. Alors je me suis frappée à un mur. » explique Katia Gagnon.

À savoir si l'affaire Salvail aurait pu exister sans l'affaire Weinstein, la journaliste s'est montrée catégorique : « Moi, si je me fie à mon expérience d’il y a trois ans, je vous dirais non. Non, je pense que ça a vraiment libéré une parole. Les gens se sont dit : "Hey, si ça peut arriver à un gars comme ça, qui était un king à Hollywood, ben ça peut arriver à tout le monde". Et les victimes, quand il y en a plusieurs, quand il y a plusieurs personnes qui dénoncent, ça peut avoir un impact », exprime Katia Gagnon.

Quant aux allégations qui pèsent contre Gilbert Rozon, la journaliste Monic Néron a déploré le fait que les victimes sont souvent découragées de mener leurs démarches jusqu'au bout par le système de justice, ou par la police elle-même.

« Certaines ont essayé [de porter plainte à la police]. Lyne Charlebois s’est présentée, dans la foulée de l’arrestation de Gilbert Rozon en 1998. Elle nous dit qu’elle s’est présentée avec une amie, qui elle aussi disait avoir été victime. Elles se sont présentées à la police et on leur aurait dit : "Écoutez, c’est vieux, c’est trop vieux". Alors qu’en réalité, on le sait, il n’y a pas de délai de prescription pour porter plainte. Mais elles se sont fait dire ça. »

Heureusement, dans toute cette affaire, on en retient qu'il n'est jamais trop tard pour faire entendre sa voix. Pour voir les entrevues dans leur intégralité, c'est ici et ici!

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Crédit photo : Karine Paradis

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