Le songe d’une nuit d’été: Maude Guérin et Karine Gonthier-Hyndman séduisent dans cette réécriture moderne

Crédit photo: Gunther Gamper

Le Théâtre Denise-Pelletier vous invite à vivre une soirée fantasque avec la nouvelle production du Théâtre Advienne que pourra, Le songe d’une nuit d’été de William Shakespeare. Avec son impressionnante brochette de talents qui n’ont plus à faire leurs preuves, tant sur les planches qu’à la télévision, la production drape ce classique dans l’âge d’or hollywoodien. On retrouve donc l’essence des mêmes personnages qui ont traversé plus de 400 ans de théâtre dans cette adaptation assurée par Steve Gagnon et Frédéric Bélanger, qui en signe également la mise en scène.

Loin des forêts enchantées, cette réécriture nous place dans un univers industriel, une ruelle ou le toit d’un immeuble, où un immense « DREAM » illuminé aux ampoules bat au rythme des cœurs qui se brisent et qui s’amourachent sur la scène du célèbre établissement de la rue Sainte-Catherine. Et comme une pièce de Shakespeare ne serait pas complète sans un balcon, les comédiens ont pu jouer en hauteur dans cette installation massive qui prenait tantôt des airs de club, tantôt ceux d’un immense panneau publicitaire.

Gunther Gamper

La pièce donne à voir des performances rien de moins que charismatiques : Maude Guérin y campe avec nuance une Titania dominante, mais rongée par le déclin de son pouvoir d’attraction; Obéron, joué avec brio par Étienne Pilon, y est un commandant sensuel dont la présence est enivrante; Puck, le charismatique entremetteur et fauteur de trouble, a ici droit à une interprétation géniale grâce à Dany Boudreault, qui s’est nourri d’une énergie queer manifeste, à travers ses mouvements de voguing et son moonwalk de sortie de scène. À travers cette réécriture filmique, les comédiens s’élancent, s’arrachent et se soudent dans une chorégraphie comique parfaitement orchestrée. Ce jeu de corps, que maîtrisent à merveille Steve Gagnon (Démétrius), Gabrielle Côté (Hermia), Hubert Lemire (Lysandre) et Karine Gonthier-Hyndman (Helena), sert bien l’ambiguïté sexuelle et la sensualité du classique.

Gunther Gamper

La musique, assurée avec brio par le trio d’« ouvreurs », rythme cette danse incessante entre les corps. Des morceaux modernes, tantôt comiques, tantôt dramatiques, mettent en valeur les multiples talents d’Adrien Bletton (Graine de moutarde), Jean-Philippe Perras (Bottom) ainsi qu’Olivia Palacci (Snout), qui offre quant à elle une présence humoristique puissante qui nous a fait tomber sous son charme.

Personne ne sort indemne de ce jeu des sentiments, qui brouille les cartes et qui joue avec la plus grande des généralités humaines : notre désir insatiable d’aimer et d’être aimé.

Pour voir toutes les dates des représentations du Songe d’une nuit d’été au Théâtre Denise-Pelletier, c’est par ici!

 

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