Le réalisateur de Cheval-Serpent accusé d’inconduites sexuelles

Les gros noms de l’industrie culturelle s’empilent et s’enfilent dans des scandales qui voient peu à peu la lumière du jour. Cette fois, c’est Sylvain Archambault, connu pour son travail sur les séries Mensonges, Les pays d’en haut, Le négociateur et Cheval-Serpent qui est au centre de témoignages dénonçant les nombreux propos inappropriés ainsi que les attouchements sexuels qu’il aurait eus à l’endroit de ses acteurs et techniciens. Dans un reportage publié sur La Presse et mené par Katia Gagnon et Stéphanie Vallet, responsables du reportage incriminant sur Éric Salvail, les détails de cette sordide affaire brossent un portrait troublant des méthodes de travail du réalisateur.

Après de nombreuses plaintes faites à l’AQTIS, l’Association québécoise des techniciens de l’image et du son, les productrices Fabienne Larouche et Sophie Deschênes ont qualifié d’inacceptables les gestes qui auraient été posés, en plus de la consommation d’alcool de Sylvain Archambault sur les plateaux de tournage. Danielle Trottier, qui signe quant à elle les textes de Cheval-Serpent, a affirmé avoir été témoin de sa consommation lors d’une visite de plateau : « J’ai vu le premier assistant de Sylvain Archambault lui remplir sa tasse à café en carton avec de l’alcool. On était en pleine scène, et je voyais bien que notre réalisateur avait bu. J’ai été très étonnée, je n’avais jamais vu ça sur un plateau ».

Un acteur de la série Cheval-Serpent a même vécu une expérience troublante avec le réalisateur : « Il s’est approché de moi, se dandinant littéralement en se massant les seins, comme dans un mauvais film, pour finalement s’asseoir sur moi à califourchon et approcher ses lèvres à deux centimètres des miennes. »

De nombreux témoins corroborent aussi les témoignages des victimes. Un membre de l’équipe technique de Mensonges 3 a affirmé que le réalisateur poussait des scènes trop loin, pour rien : « Lors d’une scène sexuelle humoristique ne nécessitant aucunement de la nudité et se déroulant dans un espace restreint, Sylvain a lui-même complètement relevé la jupe de la comédienne sans son consentement et sans prévenir. Elle a dû insister très fortement pour ne pas tourner dans cet état ».

Dans un long entretien avec les journalistes responsables de cette enquête, Sylvain Archambault reconnaît avoir un caractère exigeant. Sophie Prégent, Présidente de l’UDA qui a aussi travaillé avec lui sur Cheval-Serpent, le qualifie de « grivois et colérique », assurant toutefois n’avoir jamais été témoin de comportements inappropriés de sa part.

Questionné finalement sur ce qui expliquerait la multitude de témoignages des victimes et des gens qui appuient ces allégations, Sylvain Archambault gonfle le torse. « Je dérange. Je travaille beaucoup. Je suis le réalisateur qui travaille à peu près le plus au Québec. On gagne des prix. Il y a de la jalousie là-dedans. Et là, on est partis à la chasse, les gens sont encouragés, presque, c’est contagieux… Il y a bien des comptes qui peuvent se régler de cette façon-là. Il y a du monde qui aimerait me voir moins travailler ou tomber. »

De la jalousie, vraiment? On verra bien!

 

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Crédit photo : Twitter de Bernard Bujold

Source: La Presse

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