bianca gervais

Entrevue exclusive HollywoodPQ: 5 confessions de Bianca Gervais sur les commentaires blessants sur le web et le secret d’un couple qui dure.

Dans les coulisses du shooting photo de Monsieur ANEB, on en a profité pour piquer une petite jasette avec la comédienne Bianca Gervais!

Pourquoi as-tu décidé de t’impliquer avec Monsieur Phoenix?

Au début, je faisais du bénévolat pour Anorexie et boulimie Québec (ANEB): je répondais au téléphone et j’avais reçu une formation pour les lignes d’écoute où des jeunes filles ou jeunes garçons qui sont en état de vulnérabilité, et même des adultes, appelaient. J’avais un procédé d’intervention et j’essayais de leur donner du bonheur et de faire passer l’anxiété, les obsessions. Émotionnellement, je trouvais ça vraiment difficile; j’ai déjà fait un pacte de non-suicide avec quelqu’un… et ensuite tu dois rappeler pour faire le suivi. Parfois, ce sont des charges émotives très très grosses. Je me suis rendue compte que je ne suis pas assez équipée émotionnellement… ça venait trop me chercher, je n’avais pas assez de distance. Je me suis demandé comment continuer, mais autrement; c’est là que la collaboration avec Monsieur Phoenix est venue! J’aime les jeunes créateurs, les petits génies, ça prend beaucoup d’audace pour monter un événement, starter sa compagnie, être designer, ramasser les gens bénévolement. J’ai beaucoup de reconnaissance pour ça!

bianca gervais

Avec la nouvelle proximité des personnalités québécoises avec monsieur madame tout le monde, où tout le monde peut te juger en temps réel sur les réseaux sociaux sur ton apparence… comment vis-tu ça au quotidien?

C’est atroce, ça fait vraiment mal. Je me suis rendue compte que même si tu fais un bon coup, il y a toujours un pourcentage à qui ça ne plaira pas. C’est comme si les gens pensent que parce que tu es une personnalité publique, ça vient avec le: «Tu es une personnalité publique, tu dois t’attendre à des commentaires négatifs!» Non! Ce n’est pas signé dans mon contrat quand je fais un rôle, que par la suite sur Internet, on va me basher… ni si je suis invitée à faire une entrevue, ce n’est pas signé dans mon contrat qu’après ça vous avez le droit d’écrire sur moi que mon corps est trop mince, trop gros, que je suis fatigante ou que j’ai trop d’énergie, etc… Ça ne vient pas nécessairement avec le statut de comédienne et ce n’est pas vrai qu’on se développe une carapace et que ça ne fait plus mal avec le temps; que ça ne nous touche plus. Je suis déjà allée consulter parce qu’il y avait des messages qui m’avaient profondément atteinte. On sous-estime la répercussion que ça a chez les gens. C’est facile derrière son ordinateur de se faire passer pour «Clown24», mais viens me le dire dans la rue, essaie… tu ne me connais même pas! Aie le courage de me le dire en pleine face: peut-être que tu vas penser la même chose après, mais peut-être aussi que c’est une perception erronée que tu as de moi!

Tu parles souvent des réalités que tu vis dans tes billets sur Clin d’œil notamment, mais aussi sur ta page Facebook officielle, est-ce que ça aide ou ça empire les choses?

Bonne question! Ça démystifie et ça amène des vagues de sympathies en fait… Mais je voulais surtout le faire pour les ados qui à l’école, ne peuvent échapper aux commentaires et méchancetés dites sur leur physique. Je voulais avoir une façon de leur dire: «Tu n’es pas seul, parce qu’à 30 ans on en reçoit encore! Tu n’es pas seul là-dedans et la peine que tu ressens, elle est normale!»

Une fois, mon mari et moi on était invités au show d’Éric Salvail; il était tard, on était super fatigués, mais on voulait faire un bon show… sauf que les gens sous-estiment l’aspect «direct» d’une émission et le degré de nervosité qui vient avec! Tout de suite après, j’ai reçu des messages comme quoi j’avais trop d’énergie, que je m’étais passée la main 24 fois dans les cheveux, que j’étais «dégueulasse», une «pute», que ma fille n’était pas chanceuse d’être tombée sur moi, etc. Ce sont des mots qui ont une répercussion énorme, c’est inacceptable… On touche à des pitons vraiment sensibles, c’est gratuit. Je sais que ça représente une minorité, mais on est mal fait: parfois on reçoit 50 messages d’amour et trois méchants et à ton chum le soir, tu parles juste des méchants quand tu bois du vin. Les 47 gentils et remplis d’amour, ils sont où? Parfois, on les oublie.

Ruptures

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi?

Mon personnage dans Ruptures revient et en plus, j’ai eu une belle nomination pour ça, je suis contente : cocaïnomane, mère absente qui se faisait abuser et battre par son amoureux… un beau personnage complexe! Sinon Format familial revient aussi et au lieu de 13 épisodes, on a tourné 26 épisodes!

Sinon, j’embarque dans la nouvelle télésérie annuelle qui s’appelle L’échappée où je fais une police de la SQ: je suis super contente de jouer un rôle vraiment différent, mon personnage est rationnel et pas du tout émotive comme moi… et en plus la distribution est géniale!

Mon mari et moi avons ouvert une boîte de production, on va produire quelques shows qui s’en viennent! Ça s’appelle «Fait maison productions» parce que les brainstorms ont lieu dans la cuisine, le montage a lieu dans le sous-sol et la musique s’enregistre dans mon garde-robe à chaussures (rires)! Toute la production de nos projets se fait à la maison. On a plusieurs projets en chantier, ça va bien. On coproduit plusieurs projets, on start les idées, on développe le projet, on le tourne, mais on n’est pas nécessairement devant la caméra: c’est vraiment à titre de producteur. On est plus dans le documentaire et le concept télé, mais autant dans la jeunesse que pour le public adulte. C’est vraiment cool! Je ne sais pas si je vais être devant la caméra toute ma vie parce que j’aime vraiment beaucoup la production.

À force d’être tout le temps ensemble, c’est quoi le secret pour ne pas se tomber sur les nerfs?

(Rires) On se tape sur les nerfs, c’est juste sain! Parfois, quand il rendu à 21 h et que Sébastien [Diaz] veut faire un brainstorm au sommet, c’est comme : «NON!! On ne fera pas de brainstorm dans le lit, pas question (rires)!» Je pense que c’est ça qui est sain, on est dans un métier rempli d’orgueil, il y a une hiérarchie, des égaux… là tu as une coquille de création, belle, vraie. Pas de problème d’orgueil, c’est parfait et totalement créatif!

Psssst! Allez voir toutes les photos des coulisses de Monsieur ANEB avec Catherine, Félix-Antoine Tremblay, Bianca Gervais, Alex Perron et plusieurs autres!

Biance-Gervais-et-Sébastien-Diaz2

À lire aussi:

Bianca Gervais a un message touchant (et très drôle) pour son mari Sébastien Diaz

Crédit photo: Karine Paradis